Abelmoschus esculentus

nom scientifique : 
Abelmoschus esculentus (L.) Moench
synonyme : 
Hibiscus esculentus L.
Famille : 

Distribution géographique

Originaire de l'Ancien Monde. Cultivé dans les régions tropicales et subtropicales.

Description botanique

Herbacée annuelle, ligneuse à la base, pouvant atteindre 3-4 m, sans ramifications. Feuilles orbiculaires, de 10 à 30 cm, 5-7 lobulées; lobules de lancéolés à ovoïdes dentelés, aigus ou obtus. Fleur à calice de 2 cm, pétales jaunes avec taches pourpres au centre, de 3-4 cm. Fruit capsulaire anguleux pouvant atteindre 20 cm, acuminé, visqueux.

Voucher(s)

Jiménez,683,JBSD

affections oculaires :

fruit, macération, lavages oculaires1

furoncle :

fruit, écrasé, en application locale2

Les fruits d'Abelmoschus esculentus constituent un aliment dont la consommation humaine est relativement étendue.

Travail TRAMIL28
Contre les affections oculaires :
Laver le fruit et éliminer son duvet extérieur; hacher menu 4-5 fruits de taille moyenne (5 cm) et les ajouter à 4 tasses (1 litre) d'eau bouillie, laisser reposer jusqu'à l'obtention d'une texture mucilagineuse, filtrer la préparation au moyen d’un linge propre avant d'opérer un lavage oculaire toutes les 2-4 heures.

Contre les furoncles :
Laver le fruit et éliminer son duvet extérieur. Laver la lésion cutanée avec de l'eau bouillie et du savon, appliquer de 2-5 grammes du fruit écrasé sur la partie affectée. Recouvrir avec une compresse ou un linge propre et changer toutes les 12 heures.

Toute préparation médicinale doit être conservée au froid et utilisée dans les 24 heures.

Selon l'information disponible :

L'usage pour les affections oculaires et les furoncles est classé REC basé sur l'emploi significatif traditionnel documenté dans les enquêtes TRAMIL, les études de toxicité et l'information scientifique publiée.

En cas d’affections oculaires, on risque d'augmenter l'irritation par l'application de la macération du fruit utilisée en lavage oculaire.

Toute application topique et en particulier sur les yeux doit se conformer aux plus strictes règles d'hygiène, afin d'empêcher une contamination, une infection surajoutée et éviter le contact avec de substances irritantes pour la conjonctive.

Veiller à soigneusement laver et nettoyer le fruit et à éliminer le duvet extérieur; ce dernier peut provoquer une irritation de la peau et des muqueuses.

Si l'état du patient se détériore ou si les symptômes oculaires persistent au-delà de 3 jours ou ceux de l’infection de la peau au-delà de 5 jours, il faut consulter un médecin.

Ne pas utiliser chez la femme enceinte ou allaitante, ni chez les enfants en dessous de 12 ans pour les affections oculaires et de 5 ans pour les affections de la peau

Travail TRAMIL23
Le fruit broyé en application topique pendant 4 heures (patch avec 0,5 g de fruit frais broyé sur 6 cm2 de peau saine et abimée), à 3 lapins albinos New Zealand (modèle du LEBi), n’a provoqué aucun oedème ou érythème après 72 heures d’observation.

Travail TRAMIL24
L'extrait aqueux (lyophilisé) de fruits frais, (500 mg/mL/5 jours à 5 cm2) par voie topique sur peau abîmée et sur peau saine du flan droit de 3 lapins New Zealand, le côté gauche étant utilisé comme témoin (0,5 mL d'eau distillée). Le degré d'irritation ou de corrosion de la peau a été évalué à des intervalles spécifiques (modèle OECD 404). Les deux côtés de la peau de chaque animal ont été observés au bout d’une, 24, 48 et 72 heures après avoir enlevé la substance puis tous les jours jusqu'à 14 jours. On a pas observé d'œdème ni d’érythème sur la peau traitée.

Travail TRAMIL25
Le fruit frais (lyophilisé), a été administré en dose unique (100 mg) dans le sac conjonctival de l’œil droit de 3 lapins New Zealand. L’œil gauche non traité est utilisé comme témoin. Le degré d’irritation ou de corrosion oculaire a été évalué suivant la méthode de ponctuation des lésions de la conjonctive, la cornée et l’iris, à intervalles spécifiques (OECD 405). Les deux yeux de chaque animal ont été observés au bout de 24, 48, 72 heures et quotidiennement jusqu’au jour 14. Selon les résultats obtenus, le fruit est classé comme non irritant.

Le duvet du fruit peut provoquer une irritation cutanée26. Ce duvet a pu causer une dermatite par contact sur la peau de travailleurs agricoles (recoltant ces fruits) due à des réactions d'hypersensibilité immédiate de type I (dépendantes des IgE). Lesdits travailleurs ont montré des réactions positives à l'administration intradermique et nasale d'extrait du fruit27.

On ne dispose d’aucune information pouvant garantir l’innocuité de ce remède administré aux enfants, aux femmes enceintes ou allaitantes.

Le fruit est riche en phosphore et en calcium3. Il contient également des polysaccharides4: mucilages5; acides aminés : alanine, arginine et acide a-aminobutyrique6; terpènes : gibbérellines7, caroténoïdes8, polyphénols9tels que le gossypol et l’hémigossypol10; lipides : acides gras saturés et insaturés11; flavonoïdes : quercétine, hypéroside12 et 3',4'-diméthoxyquercétine13; huile essentielle : citral14; coumarines : scopolétine12; substance micellaire : acide oxalique 0,05% et vitamines : C et B615.

Analyse proximale pour 100 g du fruit16: calories : 36; eau : 88,9%; protéines : 2,4%; lipides : 0,3%; glucides : 7,6%; fibres : 1%; cendres : 0,8%; calcium : 92 mg; phosphore : 51 mg; fer : 0,6mg; sodium : 3 mg; potassium : 249 mg; carotène : 312 µg; thiamine : 0,17 mg; riboflavine : 0,21 mg; niacine : 1 mg; acide ascorbique : 31 mg.

Travail TRAMIL17

Le jus de fruit n’a montré aucune activité in vitro (252, 126 et 63 µg/mL) contre Staphylococcus aureus (ATCC 6341), Staphylococcus saprophyticus (ATCC 15305), Escherichia coli (ATCC 4157), Pseudomonas aeruginosa (ATCC 7700), Proteus vulgaris (ATCC 6896), Haemophilus influenzae (ATCC 8142) ni Candida albicans (ATCC 752).

L'extrait éthanolique (95%) du fruit sec non dilué18 et l'extrait du fruit sec (1 g/100 mL d'éthanol à 95%) en application de 0,1 mL/plaque de culture19, ont montré une activité contre Staphylococcus aureus par diffusion sur plaque d'agar.

La teinture hydroalcoolique du fruit (éthanol à 50%) à une concentration de 50 µL/disque a été active in vitro contre Neisseria gonorrhoeae avec une inhibition de 80% par diffusion sur plaque d'agar20-21.

L'extrait méthanolique du fruit sur la souris (2 mg/oreille), sur le modèle d'inflammation induite par l'acétate de 12-O-tétradécanoïlphorbol (TPA) a montré un effet anti-inflammatoire local22.

Références :  

1 WENIGER B, 1987-88
Encuesta TRAMIL. enda-caribe, Santo Domingo, Rep. Dominicana.

2 CHARLES C, 1988
TRAMIL survey. Movement for Cultural Awareness MCA, Roseau, Dominica.

3 BASU KP, GHOSH D, 1943
Availability of Ca in lady's finger (Hibiscus esculentus), cabbage (Brassica oleracea capitata), drumstick (Moringa oleifera), and amaranth tender (Amaranthus gangeticus). I. Experiments. Indian J Med Res 31:29-31.

4 LENGSFELD C, TITGEMEYER F, FALLER G, HENSEL A, 2004
Glycosylated compounds from okra inhibit adhesion of Helicobacter pylori to human gastric mucosa. J Agric Food Chem 52(6):1495-1503.

5 WOOLFE ML, CHAPLIN MF, OTCHERE G, 1977
Studies on the mucilages extracted from okra fruits (Hibiscus esculentus) and baobab leaves (Adansonia digitata). J Sci Food Agr 28(6):519-529.

6 DEMETRIADES SD, 1956
Chromatographic detection of free amino-acids in normal iron-deficient plants of Hibiscus esculentus L. Nature 177(4498):95.

7 KOSHIOKA M, NISHIJIMA T, YAMAZAKI H, 1996
Endogenous gibberellins in the immature seeds of okra. J Plant Physiol 149(1-2):129-132.

8 BUREAU JL, BUSHWAY RJ, 1986
HPLC determination of carotenoids in fruits and vegetables in the United States. J Food Sci (51)1:128-130.

9 SAKAKIBARA H, HONDA Y, NAKAGAWA S, ASHIDA H, KANAZAWA K, 2003
Simultaneous determination of all polyphenols in vegetables, fruits, and teas. J Agric Food Chem 51(3):571-581.

10 SCHMIDT JH, WELLS R, 1990
Evidence for the presence of gossypol in malvaceous plants other than those in the "cotton tribe". J Agr Food Chem 38(2):505-508.

11 BERRY SK, 1980
The fatty acid composition and cyclopropene fatty acid content of the maturing okra (Hibiscus esculentus L.) fruits. Pertanika 3(2):82-86.

12 BANDYUKOVA VA, LIGAI LV, 1987
A chemical investigation of the fruit of Abelmoschus esculentus. Chem Nat Comp 23(3):376-377.

13 DANIEL M, 1989
Polyphenols of some Indian vegetables. Curr Sci 58(23):1332-1334.

14 OSMAN AM, YOUNES MEG, ATA FM, 1974
Chemical examinations of local plants: Part X. Comparative studies between the constituents of some parts of Hibiscus esculentus Linn (Egyptian okra). Indian J Chem 12(9):1019A.

15 DUKE JA, 1992
Handbook of phytochemical constituents of GRAS herbs and other economic plants. Boca Raton, USA: CRC Press.

16 DUKE JA, ATCHLEY AA, 1986
Handbook of proximate analysis tables of higher plants. Boca Raton, USA: CRC Press. p7.

17 LUCIANO-MONTALVO C, GAVILLAN-SUAREZ J, BOULOGNE I, 2011
A screening for antimicrobial activities of Caribbean herbal remedies. Informe TRAMIL. Cuadernos de Investigación del Instituto de Investigaciones Interdisciplinarias de la Universidad de Puerto Rico en Cayey. Cuaderno 16.

18 GEORGE M, PANDALAI KM 1949
Investigations on plant antibiotics. Part IV. Further search for antibiotic substances in Indian medicinal plants. Indian J Med Res 37(2):169-181.

19 VERPOORTE R, DIHAL PP, 1987
Medicinal plants of Surinam. IV. Antimicrobial activity of some medicinal plants. J Ethnopharmacol 21(3):315-318.

20 CACERES A, MENENDEZ H, MENDEZ E, COHOBON E, SAMAYAO BE, JAUREGUI E, PERALTA E, CARRILLO G, 1992
Antigonorrhoeal activity of plants used in Guatemala for the treatment of sexually transmitted diseases. Facultad de Ciencias Químicas y Farmacia, Universidad de San Carlos, Guatemala, Guatemala.

21 CACERES A, MENENDEZ H, MENDEZ E, COHOBON E, SAMAYAO BE, JAUREGUI E, PERALTA E, CARRILLO G, 1995
Antigonorrhoeal activity of plants used in Guatemala for the treatment of sexually transmitted diseases. J Ethnopharmacol 48(2):85-88.

22 YASUKAWA K, YAMAGUCHI A, ARITA J, SAKURAI S, IKEDA A, TAKIDO M, 1993
Inhibitory effect of edible plant extract on 12-O-tetradecanoylphorbol-13-acetate-induced ear oedema in mice. Phytother Res 7(2):185-189.

23 LOPEZ M, MOREJON Z, GARCIA AI, MARTINEZ MJ, 2013
Irritabilidad dérmica primaria de frutos frescos machacados de Abelmoschus esculentus. Informe TRAMIL. Laboratorio Central de Farmacología, Facultad de Ciencias Médicas “Dr. Salvador Allende”, La Habana, Cuba.

24 CAIZA F, AYMERICH R, 2013
Irritabilidad dérmica aguda del liofilizado del fruto de Abelmoschus esculentus. Informe TRAMIL. Laboratorio de Ensayos Biológicos, LEBi®, Universidad de Costa Rica, San Pedro, Costa Rica.

25 CAIZA F, AYMERICH R, 2013
Irritabilidad ocular del liofilizado del fruto de Abelmoschus esculentus. Informe TRAMIL. Laboratorio de Ensayos Biológicos, LEBi, Universidad de Costa Rica, San Pedro, Costa Rica.
26 MORTON JF, 1981
Atlas of medicinal plants of Middle America. Springfield, USA: Charles C. Thomas Publisher.

27 UEDA A, MANDA F, AOYAMA K, UEDA T, OBAMA K, LI Q, TOCHIGI T, 1993
Immediate-type allergy related to okra (Hibiscus esculentus L.) picking and packing. Environ Res 62(2):189-199.

28 CARBALLO A, 1995
Plantas medicinales del Escambray cubano. Apuntes científicos. Informe TRAMIL. Laboratorio provincial de producción de medicamentos, Sancti Spiritus, Cuba.

Décharge

L'information ici présentée s'adresse, à des fins pédagogiques, au grand public ainsi qu'aux professionnels de santé. Elle n'a pas la prétention de se substituer à quelque règle ou disposition légale que ce soit. Compte tenu du fait que certaines parties de plantes peuvent, le cas échéant, présenter une toxicité, ou avoir des effets nocifs, ou encore provoquer une interaction avec des médicaments, toute personne désireuse d'utiliser ces moyens thérapeutiques ou leurs produits dérivés doit consulter un médecin ou un autre professionnel de santé qualifié. TRAMIL n'est aucunement responsable pour l'utilisation qui pourrait être faite, dans le cadre d'une quelconque décision, action ou omission, de l'information contenue dans cette Pharmacopée.